11 Apr 2009

Réponse au défi 1

Disclaimer : Harry Potter et son univers appartiennent à J.K. Rowling. Je ne touche pas d'argent en écrivant ce qui suit.



1. Printemps

« Les choses ont changé.
- Je sais.
- Peut-être serait-il temps de tourner la page, dit-il.
- Peut-être. »

Les arbres tiraient au jaunâtre, quelques teintes de vert persistaient encore mais l’automne aurait bientôt raison d’elles. Sous un faible soleil, leurs ombres dansaient violemment au vent. Le parfum des feuilles mortes était vif, concentré. Des fleurs fanées jonchaient le sol, le rouge autrefois écarlate était devenu bordeaux et le blanc noircissait.

C’était l’heure d’accepter.

« Je ne suis pas prête.
- C’est ce que tu crois.
- Ce n’est pas le bon moment.
- Ca ne l’est jamais.»

Elle devait concéder que sur ce point-là, il n’avait pas tort. Horrible sensation.

Une fine pluie s’abattit sur eux. Par réflexe, Drago leva sa baguette magique. Hermione l’en empêcha. Elle n’avait pas envie.

Les oiseaux étaient silencieux, comme s’ils avaient compris.

« Pas de magie. Pas maintenant. »

Il ne dit rien. Il savait pourquoi. La magie le lui avait donné et le lui avait repris. Avec ou sans, l’Homme était toujours confronté aux mêmes problèmes : sa nature d’Homme. C’était dans son essence, il en était persuadé, l’espèce humaine n’était pas faite pour être en harmonie. Il y aura toujours un trouble malgré un calme apparent. La paix est éphémère, pensait-il, car les hommes veulent se battrent. Il avait l’un d’entre eux. Souhaitant combattre le mal par le mal au nom du bien, de la paix, sa vie s’était éteinte. Un éclair vert et puis plus rien. Sort ou balle (Drago avait vaguement entendu parlé des armes à feu, depuis qu’il avait découvert la télévision), le résultat aurait été le même. Drago ne croyait plus vraiment à la paix absolue. Hermione n’y était pour rien. Il est mort, il est trop tard. Mais quelque part, elle se sentira toujours coupable.

Plop.

Les choses se seraient-elles déroulées différemment s’ils avaient interverti leur place ? Elle se le demandait bien. Parfois, il lui semblait voir un Retourneur de temps la narguer.

« Il est temps. » avait-il prononcé.

Des larmes commencèrent à rouler le long des joues de la brunette, précieuses perles salées se mêlant aux gouttes acides de pluie.

Comment accepter la mort d’un être cher ?

« Ron n’aurait jamais voulu que tu te morfondes. Il aurait préféré que tu avances.
- Tu ne connais pas Ron ! Ne fais pas comme si, je n’ai pas besoin de cela. Entre nous, tu as agis comme un troll avec lui, tu n’as pas cessé d’essayer de l’humilier sur l’argent alors que ce n’était pas sa faute ! Alors, ne prétends pas le connaître, ce n’est pas ton genre, tu es bien trop franc. Parce que même moi, j’ignorerais quelle aurait été sa volonté s’il ne me l’avait pas dite. »

Elle se souviendrait toujours.

Hermione avait rapidement déchanté. Son parfait petit monde imaginaire logique s’était évaporé d’abord avec la guerre, puis avec le rouquin. Ce n’était pas juste.

Plop.


Elle était là lorsque cela s’est passé. Tout allait si vite. Sa vision était brouillée. Puis, elle vit Ron se traînant vers elle alors que les jets de lumières multicolores ne cessaient de jaillir de tout lieu. Il transpirait et grelottait. Il n’avait pas l’air bien.


« Hermione » avait-il soufflé.

Son visage aurait pâli davantage si c’eût été possible. Elle ne voulait pas, elle ne s’y ’était pas préparée. Cela ne pouvait pas arriver. Nonobstant cela, le teint du jeune homme devenait petit à petit plus violet.

Elle couru vers lui, ignorant les sorts fusant.

« Hermione, mon amie Ma meilleure amie, souffla-t-il encore.
- Ron, Ron, mais que t’a-t-on fait ? demanda-t-elle affolée.
- Sais pas, Hermione. Je crois, je crois que c’est la fin pour moi.
- Ne sois pas ridicule. On va te remettre sur pied. Allez, Ron, Ron !
- Hermione, écoute-moi. Je… »

Il s’arrêta un instant pour respirer, mais il semblait qu’il ne parvenait pas à capturer suffisamment d’air. Il sentait la vie glisser entre ses doigts. Il devait tout lui dire et vite.

« Aide-moi à m’allonger, Hermione, s’il te plaît, demanda-t-il avant qu’elle ne s’exécute précautionneusement. Hermione, je sais que… je sais que je n’ai pas toujours été un modèle.
- Ron, ne dis plus rien, je t’en prie. Je vais te ramener, tout va bien se passer, hein ? Dis-moi que tout se passera bien. Ron !
- Hermione, écoute-moi ! Je t’ai cherchée trop longtemps avant de te trouver. Je dois me dépêcher. Je dois… me… dépêcher.
- Mais qu’est-ce que tu racontes ? Ca n’a pas de sens, Ron. Cesse de me faire peur !
- Hermione, je sais que je n’ai pas toujours été le meilleur ami qui soit »

Il grimaça en prononçant ces paroles et il paraissait à l’adolescente que tout son corps se durcissait progressivement. Qui osa inventer pareil sort ?

« Tu dis n’importe quoi, ce n’est pas vrai.
- Hermione, il faut que tu saches quelque chose, reprit-il.
- On a le temps, Ron, on a le temps. On l’a toujours.
- Non, pas maintenant. Hermione, sache que je ne t’en veux pas. Je veux que tu sois heureuse. C’est pour cela que je meurs aujourd’hui. Parce que Hermione, je t’aime. De toutes les manières possibles. Comme ma sœur, comme mon amie, comme une amante. Tu es ma confidente, Hermione, mais aujourd’hui, je n’ai rien d’autre à te confier. »

Ron ferma brusquement ses yeux, luttant contre une douleur, un coup invisible.

« Reste avec moi, Ron ! Pardonne-moi, Ron, pardonne-moi !

- Mais il n’y a rien à pardonner, Hermione. J’ai été jaloux mais aussi égoïste. Aujourd’hui, je partirai tranquille. Qu’
il te rende heureuse est tout ce que je souhaite à présent. »


Plop.


« Je ne le connaissais peut-être pas, mais je sais qu’il voulait ton bien
- Tu ne comprends pas. Ce jour-là, je l’ai laissé mourir. J’aurai pu transplaner, essayer de le guérir mais je suis restée plantée là à l’écouter. J’aurai dû faire quelque chose.
- Tu ne pouvais rien faire, Hermione. Tu as beau être brillante, être la meilleure sorcière de ton temps, mais il existe des sorts qui ne peuvent se contrer. C’était l’un d’entre eux.
- C’était horrible.
- Mourir asphyxié, paralysé est horrible. Mourir avant l’heure est horrible. La vie est ainsi en temps de guerre, en temps de paix. Elle est injuste. Il y aura toujours un mal sur cette Terre que tu ne peux pas toujours combattre. Parfois, Hermione, il faut admettre que nous ne sommes pas maîtres de notre destin. La seule chose que l’on puisse faire, c’est aller de l’avant.
- Je sais !
- Alors, prouve-le moi.»

Malgré la pluie, elle parvenait toujours à distinguer la pierre tombale de marbre gris.

Tu crois que ça existe les échiquiers comestibles ?
lisait-elle péniblement.

C’était une épitaphe curieuse mais c’était celle qu’il avait choisie. Il n’était pas sérieux, ce n’était qu’une blague, mais il était un joueur d’échecs sorciers talentueux, à l’appétit jamais assouvi et toujours prêt à rire.

On avait arraché à Hermione une partie unique d’elle-même.

« Ron, aujourd’hui, cela aurait fait dix ans qu’on se serait connus. Tu es parti mais la plaie ne se cicatrise peu. Elle est encore brûlante. Aujourd’hui, Ron, je n’ai pas le choix. Il faut que je me reprenne, tu comprends ? Il faut. Ce n’est pas vraiment ce que tu m’avais dit mais j’ai le sentiment que rien ne changera. Tu me manqueras toujours, quoiqu’il arrive et je ne t’oublierai pas. Ne m’en veux pas, Ron. Je vais essayer de t’écouter. Je vais le laisser m’aider. »

Sourire triste. Plop plop.

La pluie s’intensifiait mais ils restaient là. Elle érodait leur souffrance.

Drago aussi avait enduré. Il avait été patient, beaucoup plus qu’aucun autre Malefoy, parce qu’il l’aimait. Et parce qu’il aimait, la douleur d’Hermione était la sienne. Lorsque la guerre contre Voldemort et ses partisans prit fin, il dut se charger de tout rebâtir, de panser chacune de ses blessures, au détriment de son propre moral. Il s’en fichait mais ne l’avouerait jamais.

Il l’aimait, c’était bien vrai.

Grâce à son amour, il avait réussi à la ramener peu à peu à elle-même, jusqu’à un certain point. Elle lui souriait parfois et cela lui suffisait quand il était éreinté. Elle connaissait ses efforts.

Il avait cru qu’il y était arrivé mais plus les jours mourraient et les rapprochait fatidiquement de ce jour précis, moins Hermione souriait. Alors il comprit.

Cet anniversaire, non pas celle du décès de Weasley mais de celle où tout avait commencé devait marquer la fin de son deuil. Pour son bien. Parce qu’elle méritait d’être heureuse.

Hermione se laissa porter par la douce étreinte de son amant. Réconfort. Les larmes coulaient dégressivement. Son corps cessa de secouer. Sa respiration se calma un peu. La jeune femme se sentait mélancolique.

Elle inhala l’odeur du Serpentard pour tenter de s’apaiser. Cela fonctionna.

« Tout ira bien, Hermione. »

La mort de Ron était la meurtrissure qui persisterait jusque la fin de sa propre vie, quoiqu’il advienne. Le temps ne pourra qu’adoucir sa peine mais elle n’était pas seule. Drago Lucius Malefoy était là.



Voici les consignes données :
- OS
- HG/DM (bien que je n’ai pas vraiment insisté sur le fait qu’il soit un couple)
- Lucius, volonté, baguette magique, imaginaire, Ron, troll, humilier.
- Reste laissé au choix de l’auteur.

Review ?
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